Dans le combat contre la traite négrière, l’esclavage, la colonisation, la françafrique et pour la souveraineté et la liberté de l’Afrique et des Noirs, plusieurs figures ont joué un rôle. Ci-dessous, vous trouverez une liste non exhaustive de leaders, femmes ou hommes, ayant participé à l’évolution de ce combat.

KEMI SEBA – Né le 9 décembre 1981 à Strasbourg en France, il est le président de l’ONG Urgences Panafricanistes dont la devise est : « Ce que les élites africaines ne font pas pour le peuple, le peuple le fera lui-même ». Figure de proue du panafricanisme moderne, Kemi SEBA a remis de manière médiatique la question de la souveraineté des peuples afros au centre des débats en ce nouveau millénaire en organisant des manifestations continentales. L’objectif de ces mobilisations est de dénoncer la Françafrique, terme générique servant à définir le néocolonialisme français qui prévaut en Afrique encore au XXIe siècle. Ce dernier se matérialisant par les bases militaires françaises présentes sur la Terre mère, l’utilisation du franc CFA, qui appauvrit le continent, enrichit les tenants du système néolibéral hexagonal et, surtout, la collaboration des réseaux occultes de l’Élysée, avec les pires sanguinaires autocrates du continent africain, ces derniers étant bien souvent « placés » à la tête de ces États par l’entremise du prétendu « pays des droits de l’homme ». En circulant en Afrique et en endossant un ethos révolutionnaire, Kémi SEBA a construit une parole politique massivement écoutée de nos jours.

THOMAS SANKARA – Né le 21 décembre 1949 à Yako au Burkina Faso, il demeure la figure majeure du panafricanisme postindépendance au XXe siècle. Il est le président du pays durant la période de la première révolution burkinabè du 4 août 1983 au 15 octobre 1987, qu’il finit par totalement incarner. Durant ces quatre années, il mène à marche forcée, une politique d’émancipation nationale, de développement du pays, de lutte contre la corruption ou encore de libération des femmes. Il a voulu également le changement du nom de Haute-Volta issu de la colonisation en un nom issu de la tradition africaine : Burkina Faso qui signifie « pays des hommes intègres ». Au niveau international, il critique les injustices de la mondialisation, le système financier, l’importance du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale et le poids de la dette des pays du tiers-monde. Le Burkina Faso ne contracte ainsi pas de prêts avec le FMI, dont il rejette les conditions. Thomas Sankara considère en effet ce système comme un moyen de « reconquête savamment organisée de l’Afrique, pour que sa croissance et son développement obéissent à des paliers, à des normes qui nous sont totalement étrangers ». Anticipant la réaction des pays occidentaux, il insiste à Addis-Abeba en 1987 sur la nécessité d’un refus collectif des pays africains de son paiement : « Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence ». Trois mois avant son assassinat, il prononce, pendant un sommet de l’Organisation de l’unité africaine à Addis-Abeba en 1987, un discours passé à la postérité dans lequel il contestait la légitimité de la dette de son pays et appelle à une solidarité de toutes les nations africaines. Il est assassiné le 15 octobre 1987 lors d’un coup d’État dirigé par son ami et bras droit Blaise COMPAORE.

JERRY RAWLINGS – Né le 22 juin 1947 à Accra au Ghana, il dirigea le Ghana entre 1981 et 2001. A cause de la pauvreté qui est en pleine expansion dans un pays gouverné depuis 1966 par un régime militaire corrompu et répressif, Jerry Rawlings anime une première tentative de coup d’État, le 15 mai 1979. Sa tentative échoue, il est arrêté et condamné à la peine de mort. Il organise un nouveau coup d’État le 4 juin 1979 qui renverse le régime de Fred Akuffo et le porte au pouvoir. Le 24 septembre 1979, il cède le pouvoir à un gouvernement civil, mené par le président Hilla Limann. Mécontent du pouvoir civil, qu’il estime corrompu, il reprend le contrôle du pays le 31 décembre 1981 par un nouveau coup d’État qui renverse le régime de Hilla Limann. Après Kwame NKRUMAH, il fut le président le plus célèbre du pays et l’un des moteurs du panafricanisme dans les années 1980. Souverainiste invétéré, il s’est à plusieurs reprises indigné contre la déportation du président ivoirien Laurent GBAGBO à La Haye (Pays-Bas). Il décède le 12 novembre 2020 à Accra au Ghana.

LAURENT GBAGBO – Né le 31 mai 1945 à Gagnoa en Côte d’Ivoire, il a été président de la République de Côte d’Ivoire du 26 octobre 2000 au 11 avril 2011. Syndicaliste actif dans les années 1970, il est emprisonné à Séguéla et Bouaké de mars 1971 à janvier 1973. En 1982, Laurent Gbagbo s’enfuit de la Côte d’Ivoire pour rejoindre la France. Il crée clandestinement un nouveau parti, le Front Populaire Ivoirien (FPI), et dénonce la dictature du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), alors parti unique de Félix Houphouët-Boigny. Rentré en Côte d’Ivoire le 13 septembre 1988, il est candidat à l’élection présidentielle du 28 octobre 1990 dont il obtient officiellement 18,3 % et lui confère le statut de chef de l’opposition. Le 18 février, le Premier ministre Alassane Ouattara fait arrêter Laurent Gbagbo et sa femme Simone. Il est condamné le 6 mars 1992 à deux ans de prison; Ils sont finalement libérés en août de la même année après six mois de détention. Il se présente à l’élection présidentielle du 22 octobre 2000 contre le général Robert Guéï qui a renversé le président Bédié le 24 décembre 1999, et devient président le 26 octobre 2000. Laurent Gbagbo met en œuvre une politique dont l’objectif affiché est de permettre l’enrichissement de l’ensemble des Ivoiriens, et pas seulement certaines catégories aisées, très minoritaires. Le 19 septembre 2002, Laurent Gbagbo est victime d’un premier coup d’État alors qu’il est à Rome en Italy. En 2004, la France tente un deuxième coup d’État contre Laurent Gbagbo, mais la population ivoirienne est dans la rue pour protéger le son Président. Vainqueur de l’élection présidentielle de 2010, Laurent Gbagbo est victime d’un troisième coup d’État de la France qui finit par imposer son valet Alassane Ouattara. Déporté à La Haye au Pays-Bas en 2011, Laurent Gbagbo sera totalement acquitté le 31 mars 2021 et rentre en Côte d’Ivoire le 17 juin 2021. Il annonce le 9 août 2021, le lancement d’un nouveau parti politique qui se veut panafricaniste et qui est appelé « Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) ».

MOUAMMAR KADHAFI – Né en 1942 à Qasr Abou Hadi en Libye, le colonel Kadhafi, Guide de la révolution libyenne, fit de la Lybie l’un des pays les plus prospères d’Afrique. Officier des forces armées libyennes, Kadhafi arrive au pouvoir lors du coup d’État de 1969, qui renverse la monarchie. Il se distingue d’emblée par une politique volontariste visant à concrétiser les objectifs du panarabisme social.
Sur le plan intérieur, son régime utilise les ressources financières de la Libye pour en développer les infrastructures, l’éducation et le système de santé. Il procède à la nationalisation de certaines entreprises, notamment celles détenues par des ressortissants italiens et les banques étrangères. Il demande à l’armée britannique de quitter la Libye, après treize ans de présence militaire. Il ordonne ensuite aux États-Unis d’évacuer leurs bases militaires. En septembre 1970, il réussit à imposer pour la première fois une augmentation du prix du baril de pétrole, ouvrant la voie aux autres pays producteurs. Kadhafi s’emploie rapidement à récupérer les terres fertiles du pays, dont une partie demeure entre les mains d’anciens colons italiens : en octobre 1970, son gouvernement procède à l’expropriation et à l’expulsion d’environ 13 000 propriétaires agricoles italiens, dont les biens — environ 3 000 fermes — sont nationalisés. Déçu par le panarabisme et reconverti au panafricanisme, président de l’Union africaine en 2009, il appela les pays africains à lancer une alliance monétaire consistant à faire du dinar-or l’unique moyen de paiement du pétrole et d’autres ressources. Il est assassiné en octobre 2011 par la Communauté dite internationale.

SAMORA MACHEL – Né le 29 septembre 1933 à Madragoa au Mozambique, il est le premier président de la République populaire du Mozambique indépendant entre 1975 et 1986. En 1961, Il rencontre Eduardo Mondlane, un intellectuel mozambicain en lutte contre le colonialisme portugais au Mozambique. En 1963, il intègre le Frelimo (Front de libération du Mozambique), suit un entraînement militaire en Algérie et rejoint son chef, Mondlane, en Tanzanie. Il fait partie le 25 septembre 1964 des guérilleros du Frelimo qui déclenchent la lutte armée contre le Portugal, pénétrant en territoire mozambicain, et devient le président du Frelimo en 1970 après l’assassinat d’Eduardo Mondlane en 1969. Le 7 septembre 1974, toujours à Lusaka, est signé un accord de cessez-le-feu et fixé un calendrier, prévoyant un gouvernement provisoire, l’indépendance du Mozambique et des élections pluralistes. Après des années de lutte, les Portugais ont été forcés de quitter le Mozambique et le nouveau gouvernement révolutionnaire de Machel a pris le relais. Il est devenu le premier président indépendant du Mozambique et a été grandement aimé et respecté par ses compatriotes. Il a été tué le 19 octobre 1986 à Mbuzini en Afrique du Sud dans un accident d’avion controversé sur le chemin du retour d’une réunion internationale en Zambie en 1986.

PATRICE EMERY LUMUMBA – Né le 2 juillet 1925 à Onalua en République démocratique du Congo, il est premier ministre de juin à septembre 1960 et l’une des principales figures de l’indépendance du République démocratique du Congo. Elève doué, il est distingué et rejoint les rangs des « évolués », la petite population d’indigènes que le pouvoir belge consent à laisser s’élever dans la société coloniale. En 1958, il professe des opinions clairement anticolonialistes et fonde à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) le Mouvement national congolais, un parti nationaliste, unitaire et radical. Quelques semaines plus tard, Il assiste à la Conférence des peuples africains, où il croise notamment Frantz Fanon, alors rallié au FLN algérien, et le Ghanéen Kwamé Nkrumah – des rencontres qui marqueront un tournant essentiel dans sa pensée politique. Désormais résolument favorable à l’indépendance, il sera arrêté par les autorités belges au début de 1960. Son arrestation, et le front uni des leaders congolais face au pouvoir de Bruxelles, précipiteront la marche vers l’indépendance, fixée au 30 juin. Libéré, il remporte avec son parti les premières élections libres du pays et est nommé Premier ministre. Le jour de l’indépendance, il répond avec force au roi Baudoin de Belgique qui venait de saluer l’œuvre colonisatrice de son ancêtre, Léopold II. Humilié et inquiet de le voir se rapprocher du Bloc de l’Est, le gouvernement belge fomente une rébellion dans la riche région du Katanga, contre les aspirations unitaires de Lumumba. En septembre 1960, le gouvernement Lumumba est renversé par un coup d’Etat mené par Joseph-Désiré Mobutu avec le soutien des autorités belges et états-uniennes via la CIA. Lumumba est assigné à résidence. Après s’être enfui, il est rattrapé, puis livré aux rebelles du Katanga qui l’assassineront avec 2 de ses compagnons le 17 janvier 1961 à l’âge de 35 ans. Son corps sera découpé puis dissout dans de l’acide sulfurique. Dans les années 2000, un policier belge avouera avoir participé à l’opération et avoir conservé une dent du leader indépendantiste, dont la justice belge ordonnera en 2020 la restitution aux enfants de Lumumba.

AMILCAR CABRAL – Né le 12 septembre 1924 à Bafatá en Guinée-Bissau, Il est le fondateur du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert, PAIGC (Partido Africano da Independência da Guiné e Cabo Verde), qui amena à l’indépendance de ces deux États colonisés par le Portugal. De formation agronome, il tente d’organiser sous couvert d’activités culturelles et sportives une organisation politique nationaliste en 1954, ce qui lui vaudra l’expulsion de la Guinée. Étant autorisé à revenir en Guinée une fois par an à partir de 1956, il fonde avec Luís Cabral, son demi-frère (futur président de la République de Guinée-Bissau), Aristides Pereira (futur président de la République du Cap-Vert), Abílio Duarte (futur ministre et président de l’Assemblée nationale du Cap-Vert), et Elisée Turpin le PAIGC, organisation alors clandestine dont il est désigné secrétaire général. Après avoir cherché sans succès une issue pacifique au statut colonial de la Guinée et des îles du Cap-vert, le PAIGC s’oriente en 1963 vers la lutte armée et se bat contre l’armée portugaise sur plusieurs fronts à partir des pays voisins, la Guinée Conakry et la Casamance, province du Sénégal. Il déploie une activité diplomatique très intense pour faire connaître son mouvement et en légitimer l’action auprès de la communauté internationale. En 1972, les Nations unies finissent par considérer le PAIGC comme « véritable et légitime représentant des peuples de la Guinée et du Cap-Vert ». Amilcar Cabral est assassiné le 20 janvier 1973 à Conakry par des membres de la branche militaire du parti, en relation avec des agents des autorités portugaises, six mois seulement avant l’indépendance de la Guinée-Bissau.

KWAME NKRUMAH – Né le 21 septembre 1909 à Nkroful au Ghana, il est panafricaniste et dirigea le Ghana indépendant, d’abord comme Premier ministre de 1957 à 1960, puis en qualité de président de la République de 1960 à 1966. Après Accra au Ghana, il poursuit ses études aux États-Unis ou il il obtient une licence en économie et en sociologie en 1939. Il fréquente les milieux panafricains et est corédacteur, avec le militant communiste George Padmore, de la déclaration finale du congrès panafricain de Manchester. Rentré au Ghana en 1947, il devient secrétaire général du parti indépendantiste UGCC (United Gold Coast Convention), puis crée en 1949 le CPP (Convention People’s Party). Souhaitant l’indépendance, Nkrumah appelle au boycott et à la désobéissance civile, ce qui lui vaut d’être arrêté par les autorités britanniques en 1950 et condamné à trois ans de prison. En dépit de son incarcération, Nkrumah profite d’une faille juridique pour être candidat à Accra central et y obtient 95 % des voix. Il est finalement libéré et désigné pour constituer un gouvernement. Nkrumah multiplie les concessions pour rassurer l’administration britannique, contrainte de l’accepter comme son principal interlocuteur. Se basant sur la politique d’« Africanisation de l’administration et de panafricanisme », il décide de développer les infrastructures de son pays grâce aux excédents de l’Office de commercialisation du cacao. Ainsi, le domaine de l’éducation et celui de la santé enregistrent de véritables progrès. Les femmes obtiennent le droit de vote en 1954. Nkrumah, fort de son succès, oblige alors le Royaume-Uni à concéder l’indépendance, qui est proclamée le 6 mars 1957. Nkrumah est convaincu qu’aucun État ne peut résister individuellement aux grandes puissances, il s’engage en 1958, à poursuivre avec ses homologues africains « une politique africaine commune », et participe fortement à la charte de l’Organisation de l’Unité africaine. Le 24 février 1966, alors qu’il est en voyage en Chine, Nkrumah est évincé par un coup d’État de l’armée, sans aucune résistance, par un coup d’État militaire. Il se réfugie alors en Guinée, chez son ami Sékou Touré qui lui propose vainement la coprésidence du pays. Il fonde alors, dans son pays d’exil, une maison d’édition qui publie ses théories révolutionnaires et ses livres sur l’Unité africaine. Le 27 avril 1972, il décède dans un hôpital de Bucarest (Roumanie), de la suite d’un cancer de l’estomac.

RUBEN UM NYOBE – Né le 10 avril 1913 à Song Mpeck au Cameroun, il est un militant indépendantiste et anticolonialiste camerounais, première personnalité politique à revendiquer l’indépendance de son pays, le Cameroun, en Afrique francophone, et l’unification des parties orientale (sous tutelle française) et occidentale (sous tutelle anglaise). Au terme de ses études, Um Nyobè obtient une formation d’enseignant. En juin 1944, il rejoint le Cercle d’études marxistes qui propose de lutter contre « le nazisme, le racisme et le colonialisme ». L’année suivante, les membres du cercle réfléchissent à créer un mouvement qui aurait pour but l’indépendance du Cameroun, colonie française prise à l’Empire allemand en 1916. Ce mouvement sera l’UPC (Union des Populations du Cameroun), dont Um Nyobè prend la tête sept mois plus tard. Le mouvement crée des écoles, insiste sur l’importance des comités de base et lance trois journaux. Um Nyobè parcourt le pays et donne des conférences. Cette voix du peuple camerounais dont il se fait l’écho, Ruben Um Nyobè finit par la porter à l’étranger. Malgré les pressions des autorités françaises, qui essaient de l’empêcher de se procurer un visa, le Mpodol (celui qui porte la parole des siens) se fend d’un discours historique à la tribune de l’ONU, le 17 décembre 1952. Le 22 avril 1955, l’UPC signe avec les dirigeants de l’Union des syndicats confédérés du Cameroun une «Proclamation commune pour la fin du régime de tutelle, pour l’édification d’un État camerounais souverain ». La France qualifie donc l’UPC d’être un parti révolutionnaire cherchant à prendre le pouvoir par la force. Et lorsqu’en mai, une série de manifestations dégénèrent en émeutes meurtrières dans plusieurs villes, l’administration coloniale française impute la responsabilité de ces violences à l’UPC et une répression féroce s’abat sur ses dirigeants. Le pouvoir colonial ne voulait pas de l’indépendance et l’affrontement était inévitable. Ils ont pourchassé les nationalistes jusqu’à les exterminer. À contrecœur, Ruben Um Nyobè prend le maquis. Le samedi 13 septembre 1958, Ruben Um Nyobè est assassiné par l’armée française dans une forêt près du village de Libelingoï, dans le centre du Cameroun. Malgré les campagnes de diabolisation menées par la France, au Cameroun, il est l’objet d’une grande admiration.

SYLVANUS OLYMPIO – Né le 6 septembre 1902 à Kpando au Togo, il est le premier président de la République togolaise du 15 avril 1961 au 13 janvier 1963. Il est en 1926 représentant de la société Unilever au Nigeria avant d’être nommé au Togo où il devient président de la Chambre de commerce en 1948. Il adhère au Comité d’unité togolaise (C.U.T.), fondé en 1941 pour s’opposer aux revendications allemandes. Sous l’impulsion d’Olympio, le C.U.T. devient le support du mouvement nationaliste togolais et s’affirme partisan d’une réunification du peuple éwé, partagé entre la Gold Coast britannique (qui deviendra en 1957 le Ghana) et l’ex-Togo français. Le Togo, devenu République autonome le 30 août 1956, organise sous contrôle de l’O.N.U. des élections en avril 1958. Devant le succès du C.U.T. qui remporte 29 sièges sur 46, Olympio est appelé par le haut-commissaire de la République à former le gouvernement. Devenu Premier ministre, il conduit le Togo vers l’indépendance totale en avril 1960. Élu président de la République en 1961, il réorganise les finances de son pays par une gestion très stricte. Distingué par ses positions anti Franc CFA, Olympio milita activement pour la création d’une monnaie togolaise autonome, car il considérait que la souveraineté monétaire ne se négociait pas et l’indépendance monétaire devait s’exercer hors de toute emprise française. Courant 1962, il commet l’acte qui servira de prétexte à sa déchéance. Il refuse de réintégrer dans la petite armée togolaise, un groupe d’officiers togolais ayant combattu pour la France en Algérie. Parmi ces démobilisés rentrés au pays et livrés à un désœuvrement soudain, un certain Etienne Eyadema Gnassingbé. Dans la nuit du 12 au 13 janvier 1963, ces soldats furieux et bien armés prennent d’assaut la maison du président paisiblement occupé à rédiger la charte de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Alerté, Olympio se réfugie dans la cour de l’ambassade américaine qui jouxte sa résidence. Il en est délogé par les putschistes qui le tue.