Dans le combat contre la colonisation et pour la souveraineté du Gabon, plusieurs personnages ont joué un rôle. Ci-dessous, vous trouverez une liste non exhaustive de leaders, femmes ou hommes, ayant participé dans l’évolution de ce combat.

Grégory NGBWA MINTSA – Né le 2 septembre 1957, il est une figure emblématique de la société civile gabonaise. Fils d’André MINTSA (ancien député, ancien ambassadeur et ancien ministre gabonais). Il séjourne en France de 1962 à 1965 (alors que son père est ambassadeur du Gabon en France), puis de 1968 à 1972 (il est élève dans un collège privé). De retour au Gabon en 1972, il est élève en classe de 2nde au Lycée National Léon MBA à Libreville et s’assoit sur le même banc qu’un certain André MBA OBAME. Ensemble, Pa’ Gré et MBA OBAME feront leurs classes au Lycée MBA (Seconde, Première et Terminale). Etudiant en France, il milite au sein  de l’opposition et dans l’AGEG (Association Générale des Etudiants Gabonais de France), un mouvement d’étudiants révolutionnaires et contestataires qui faisaient peur au régime d’Omar BONGO. De retour au Gabon, il prendra une part active au combat pour l’avènement du multipartisme dans son pays. Son franc-parler et sa rectitude morale ne sont pas du goût de tous et bientôt il est la cible de nombreuses attaques. Déçu, il décide de s’éloigner des partis politiques dont les intérêts semblent incompatibles aux siens et à ceux des peuples sous domination. Il mènera son combat en son nom propre, en tant que Grégory Ngbwa Mintsa, homme libre et citoyen indigné. Il portera plainte, aux côtés de Transparency International, à trois présidents africains pour « Patrimonicide » et recevra pour son combat, le prix de l’Intégrité en 2010, trois ans avant sa mort. Grégory NGBWA MINTSA est décédé le 10 avril 2014.

André MBA OBAME – Né le 15 juin 1957 à Médouneu au Gabon, il est candidat à l’élection présidentielle du 30 août 2009 avec le soutien d’autres candidats de l’opposition gabonaise. Il est arrivé devant Ali BONGO à l’élection présidentielle, mais ce dernier a fait un coup d’état militaro-électoral et a été proclamé Président de la République par la cour constitutionnelle. André MBA OBAME s’autoproclame président de la République le 25 janvier 2011, prête serment à la Constitution et forme son gouvernement. Mais, il ne prendra jamais le pouvoir. Rentré dans le cabinet du dictateur Omar BONGO en 1984, il est plusieurs fois ministre de 1990 à 2009. Après l’élection présidentielle de 2005, il arrive au ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de l’Immigration. Son passage s’illustre par l’attaque du siège de l’Union du Peuple Gabonais (UPG) de Pierre MAMBOUNDOU MAMBOUNDOU le 21 mars 2006, qu’il justifie par la recherche d’armes de guerre, l’arrestation des leaders de la société civile le 30 décembre 2008 et la répression des manifestations syndicales. Souffrant de problèmes de santé suite à un empoisonnement, il décède le 12 avril 2015 à Yaoundé au Cameroun.

Pierre MAMBOUNDOU MAMBOUNDOU – né le 6 novembre 1946 à Mouila au Gabon, il est le candidat du Haut Conseil de la Résistance (HCR) de l’opposition gabonaise à l’élection présidentielle du 6 décembre 1998 dont il est élu Président par le peuple gabonais, mais la Cour Constitutionnelle déclare Omar BONGO président suite au coup d’état militaro-électoral de ce dernier. De même, à l’élection présidentielle du 27 novembre 2005, Pierre MAMBOUNDOU MAMBOUNDOU arrive en tête devant Omar BONGO, mais c’est ce dernier qui est déclaré vainqueur une nouvelle fois par la Cour Constitutionnelle. Puis, à l’élection présidentielle du 30 août 2009, Pierre MAMBOUNDOU MAMBOUNDOU arrive en tête devant Ali BONGO, mais, une fois de plus, suite au coup d’état militaro-électoral qui s’en suit, c’est un Ali BONGO qui est déclaré vainqueur par la Cour Constitutionnelle. Ingénieur des travaux en télécommunication, Pierre MAMBOUNDOU MAMBOUNDOU crée le 14 juillet 1989 l’Union du Peuple Gabonais (UPG). Expulsé de France en février 1990, il  part en exil à Dakar au Sénégal. À Libreville, un procès contre lui le condamne par contumace, le 21 décembre 1990, à dix ans de prison et dix ans d’interdiction d’exercer ses droits civiques. Pourtant, le 1er novembre 1993, après une semaine de rétention à l’aéroport international de Dakar, il rentre au Gabon mais n’est pas arrêté. Il est élu député pour la première fois en 1996 et se présente aux trois élections présidentielles qui s’en suivent. Suite à l’élection présidentielle du 27 novembre 2005, le siège national de son parti, situé à Libreville, est mis à sac par des unités encagoulées de l’armée gabonaise le 21 mars 2006. Il échappe de peu à une tentative d’assassinat et se réfugie à l’ambassade d’Afrique du Sud. Il en ressort un mois après, afin d’initier des négociations avec le régime dictatorial gabonais. Il décède le 15 octobre 2011 à Libreville au Gabon.

JEAN PING – Né le 24 novembre 1942 à Omboué au Gabon, il est le  candidat unique de l’opposition gabonaise à l’élection présidentielle du 27 août 2016. Il a été élu par le Peuple gabonais, mais n’a pas pu prendre le pouvoir suite au coup d’état militaro-électoral du dictateur Ali BONGO. Depuis cette date, Jean PING s’est engagé dans une résistance pacifique pour la Restitution du Pouvoir et la justice pour les martyrs tombés le 31 août 2016 et les jours qui ont suivi. Ministre sous la présidence du dictateur Omar BONGO de 1990 à 2008, puis Président de la Commission de l’Union africaine du 28 avril 2008 au 15 octobre 2012, Jean PING démissionne du Parti Démocratique Gabonais (PDG) au pouvoir le 19 février 2014 pour rejoindre l’opposition gabonaise.

Paul MBA ABESSOLE –  né en 1939 à Ngnung-Ako (Kango) au Gabon, il est le candidat unique de l’opposition gabonaise à l’élection présidentielle du 5 octobre 1993, Paul MBA ABESSOLE est élu Président par le peuple gabonais, mais c’est Omar BONGO qui est déclaré vainqueur par la Cour constitutionnelle suite au coup d’état militaro-électoral du dictateur Omar BONGO. Paul MBA ABESSOLE s’auto-proclame président, et par la suite, sa maison de Libreville ainsi que la station radio d’opposition « Radio liberté » sont détruites par la garde présidentielle en , entraînant son exil pour Paris. Paul MBA ABESSOLE est élu maire de Libreville le 19 janvier 1997, puis finit par rentrer au gouvernement d’Omar BONGO en tant que ministre de 2002 à 2009.

Germain MBA NGUEMA NSA – Né le 15 décembre 1932 à Ebam’Ayong, non loin de la ville de Ntoum au Gabon, il est un farouche opposant à la politique des présidents Léon MBA MINKO et Omar BONGO. Lors du référendum du 28 Septembre 1958, décidé par le général Charles de Gaulle, proposant à chaque territoire français d’Afrique, de devenir un Etat membre de la Communauté franco-africaine et de continuer ainsi à évoluer sous la tutelle de la France en votant « oui » ou bien alors d’accéder immédiatement à l’indépendance par vote majoritaire du « non », Germain MBA NGUEMA NSA a milité pour le vote en faveur du « non ». Lorsque Léon MBA MINKO est destitué, Germain MBA est nommé dans l’équipe gouvernementale dirigée par Jean-Hilaire AUBAME pour occuper le poste de ministre de l’Intérieur, mais l’armée française est intervenue pour rétablir Léon MBA au pouvoir. Pourchassé par le pouvoir de Léon MBA, Germain MBA NGUEMA NSA se réfugie d’abord en Algérie, puis au Ghana et ensuite au Congo Brazzaville (qui sont des capitales de la lutte contre l’empirisme occidental à ce moment-là). Lorsque Albert Bernard Bongo accède au pouvoir, à la suite du décès de Léon MBA MINKO en 1967, Germain MBA regagne à nouveau son pays et décide de prioriser l’intérêt supérieur de la nation. Il s’engage alors à travailler avec le président Omar BONGO qui fait d’abord de lui son conseiller en charge des questions économiques et sociales, puis ambassadeur du Gabon en République fédérale d’Allemagne (RFA) en 1969, ensuite à la chancellerie gabonaise à Tokyo au Japon. Toutefois, des tensions entre le président Omar BONGO et Germain MBA étaient vives, car ce dernier affirmait qu’il ne supportait pas que ce soient des marionnettes de la France qui dirigent le Gabon. Au mois d’août 1971, Germain MBA faisait clairement part de son ambition de briguer la magistrature suprême dont l’échéance électorale était prévue en février 1973. Omar BONGO, lui voulait être le seul candidat à sa réélection et la popularité grandissante de Germain MBA auprès des populations laissait entrevoir un échec cuisant pour Omar Bongo s’il le challengeait. Le 17 septembre 1971 au soir, alors qu’il rentrait chez lui après s’être rendu au cinéma avec sa femme et sa fille, il est victime d’un assaut juste à l’entrée de sa maison sise au quartier London à Libreville : on ouvre le feu sur lui et sa famille. Les assaillants vont dès lors se saisir de Germain MBA et l’emmener pour une destination inconnue. D’après le défunt journaliste français d’investigation, Pierre Péan, dans son livre « Affaires africaines » paru en 1983, l’assassinat de Germain MBA serait l’acte du célébrissime mercenaire français de l’époque, Robert Denard dit Bob Denard, qui aurait accompli la sale besogne sur ordre du président Albert Bernard Bongo (qui aurait lui-même été conseillé par Jacques Foccart) qui considérait Germain MBA comme un redoutable adversaire. La femme de Germain MBA, Martine OYANE est faite prisonnière à Booué, petite ville située dans la province de l’Ogooué-Ivindo, et Omar BONGO donne le droit aux gendarmes qui assurent sa surveillance, d’abuser sexuellement d’elle au quotidien. Ceux-ci ne se firent pas prier. Elle ne sera libérée qu’en 1990 à la suite d’actes de mécontentement envers le régime qui venait d’éliminer un autre illustre opposant du nom de Joseph ISSANI RENDJAMBE. Il est officiellement établi que Germain MBA est décédé dans la nuit du 17 septembre 1971 à la suite de son assassinat.